mardi 13 septembre 2016

La cause animale et moi

La cause animale, voilà un sujet que je voulais aborder depuis longtemps sans jamais oser le faire. La cause animale est un sujet qui me tient à cœur, mais je ne me sens pas légitime pour en parler. En effet je suis loin d'avoir adopté un mode de vie causant le moins de souffrance possible aux animaux. Sans compter que c'est un sujet sensible qui génère soit des débats extrêmement intéressants, soit des joutes verbales dont le niveau vole aussi haut qu'une poule en surpoids et où l'argument "mangeur de viande = assassin" s'oppose à l'argument "mais, la carotte, elle souffre aussi".




Malgré tout c'est un sujet qui me touche et dont j'aimerais parler. Néanmoins, avant de développer certains thèmes, il me semblait important de poser les choses, d'expliquer mon rapport à la cause animale, de mettre en lumière mes contradictions, de façon à pourvoir aborder le sujet de manière décomplexée.

Comme je le disais en début de billet, je suis loin d'avoir adopté un mode de vie causant le moins de souffrance aux animaux. Je suis végétarienne depuis un peu plus de deux ans (j'avais d'ailleurs évoqué ce sujet à plusieurs reprises sur mon ancien blog). Sensibilisée aux conditions d'élevage et d’abattage des animaux, j'ai décidé de supprimer viande et poisson de mon assiette. C'est un pas vers moins de souffrance animale, mais ça reste un petit pas.

J'ai quasiment supprimé les produits laitiers de mon alimentation. Je n'ai pas acheté un pack de yaourts ou une brique de lait depuis deux ans, mais je consomme toujours du fromage (une vrai drogue ce truc quand on y pense !) et je ne fais pas la chasse au lait et à ses dérivés dans les produits industriels qu'il m'arrive d'acheter. Pourtant je sais que l'industrie du lait est étroitement liée à celle de la viande. J'ai entendu dire qu'il y avait parfois plus de souffrance dans un verre de lait que dans un steak et je pense que c'est vrai. Une vache ne produit pas spontanément du lait. Comme tous les mammifères, elle produit du lait pour nourrir son petit. Inséminer artificiellement une vache, lui retirer son petit dès la naissance, lui pomper son lait et recommencer jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus... peu importe le type d'élevage, la souffrance est là. Sans parler du funeste sort du petit veau qui sera engraissé pendant quelques mois puis envoyé à l'abattoir. Voilà la première contradiction.

Je consomme toujours des œufs. Je sais ce qu'on va me dire : si les œufs viennent de poules élevées en plein air il n'y a pas de problème. Sauf que, dans les faits, c'est bien plus compliqué que cela. Les œufs sont issus de poules pondeuses, et qui dit poules pondeuses dit poules femelles. Que fait-on des mâles ? Je ne m'étais jamais vraiment posé la question auparavant. Il est naïf de croire que les mâles rejoindront des élevages et seront élevés pour leur viande. On ne sélectionne pas les mêmes espèces selon le but qu'on souhaite atteindre. En réalité, les poussins sont triés dès leur naissance. Seules les femelles sont conservées, les mâles sont éliminés. Deux options sont possibles : soit ils sont gazés, soit ils sont broyés vivants... mais pour des raisons de coûts, c'est la deuxième solution qui l'emporte bien souvent. Voilà la deuxième contradiction. 

Et il n'y a pas que l'alimentation qui est concernée. J'essaye de boycotter tous les loisirs faisant souffrir les animaux : corrida, cirques, parcs aquatiques... En revanche, je sais que je dois m'améliorer dans d'autres domaines. Je suis loin d'être un exemple en matière de consommation de cosmétiques (sans compter que la législation est tellement complexe qu'on a parfois du mal à y voir clair, mais j'aurais certainement l'occasion d'en reparler). L'habillement n'est pas en reste, que l'on doive tuer l'animal pour sa peau (je ne vais pas développer plus ici car je compte consacrer un billet au cuir et à la fourrure) ou que l'on doive le tondre pour sa laine. Et je ne parle même des produits d'entretien... bref tous les domaines sont concernés.  Voilà la troisième, la quatrième, la cinquième... contradiction.

J'ai bien conscience d'un certain nombre de choses et pourtant j'ai du mal à changer mes habitudes. Suis-je sans cœur pour continuer à consommer certains produits en sachant ce qui se cache derrière ? Suis-je un monstre d'égoïsme ? Je ne pense pas. Je suis juste humaine et comme tout le monde, je ne suis pas parfaite, j'ai mes faiblesses. Dans un monde où l'exploitation de l'animal est au centre de presque tout, il est très difficile d'aller à contre-courant, sans compter qu'on ferme parfois les yeux sur ce qui nous arrange. Pour autant, je fais partie des gens qui voient le verre à moitié plein. Certes, je ne suis pas au maximum de ce que je pourrais faire, mais chaque pas compte. Ça n'est peut-être qu'une goutte d'eau, mais les océans sont constitués de milliards de gouttes d'eau. Chaque geste compte. Une amie me disait avoir réduit sa consommation de viande et essayer de savoir de quel type d'élevage venait celle qu'elle consommait. Certains diront que c'est ridicule, que ça ne sert à rien, qu'il vaut mieux juste arrêter de consommer de la viande. Je ne suis pas d'accord. Certes, ça ne résout pas le problème de la souffrance liée aux conditions d'abattage, mais si la bête a moins souffert durant son élevage c'est déjà ça. Si je prends mon exemple, je n'achète jamais d’œufs de poules élevées en batterie. Certes, ça ne résout pas le problème du sexage des poussins, mais si la poule a moins souffert durant sa vie, c'est déjà ça. Et ainsi de suite...

J'essaye petit à petit d'adopter un mode plus en accord avec mes convictions, mais je garde à l'esprit que Rome ne s'est pas faite en un jour. Tout ça pour dire que même si je ne suis pas parfaite, même si je ne suis pas un exemple, la cause animale est un sujet qui me tient à cœur. C'est pourquoi, aujourd'hui je ne m'interdis plus d'aborder ce sujet. J'ai envie de parler de mon cheminement vers un mode de vie plus adéquation avec mes convictions, sans pour autant me permettre de juger autrui.


NB : J'ai pioché un bon nombre d'informations dans cette vidéo d'Esther que je trouve extrêmement bien faite 

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2 commentaires:

  1. Coucou!!! Je réfléchis beaucoup moi aussi à la nourriture et à mon rapport aux animaux en ce moment...Je te comprends et te rejoins sur tout ce que tu évoques.
    J'ai lu plein d'articles intéressants sur ce blog: http://lecarnetdanneso.com/ Il y a un article sur le lait...c'est édifiant!!!
    Je pense que je pourrais me passer de viande vu que je n'en mange quasiment jamais...mais comme toi...le fromage...ppffffff, c'est plus compliqué...(même si je sais maintenant ce que l'on peut trouver dans le lait...) (beurk)
    BREF, c'est déjà pas si mal de se remettre en question!!! un pas après l'autre...

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    1. Merci pour le lien, je connaissais pas ce blog. J'y suis passée vite fait et je pense y retourner quand j'aurai un peu plus de temps !
      Sans chercher à faire du prosélytisme, je suis toujours contente de voir que des gens s'intéressent à cette cause. L'essentiel c'est d'aller à son rythme, d'être en accord avec soi-même et de laisser les choses se faire naturellement sans se comparer aux autres.

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